Le curé du groupement paroissial sainte-Marie en Dombes, l’abbé Friess présente sur son site « un article remarquable et courageux de notre évêque », en ces jours où « les Français sont invités à réfléchir sur l’identité nationale ». Et le curé de publier « quelques extraits » de cet article « remarquable et courageux ». En fait, l’éditorial de Mgr Bagnard : « Identité nationale » présenté actuellement à la UNE du site du diocèse de Belley-Ars (Ain). Ce texte épiscopal qui ne nous surprend pas au regard de ce que nous connaissons à Golias de cet évêque est proprement scandaleux. Il n’appelle pas d’autres commentaires que celui de renvoyer nos lecteurs à Golias Hebdo n°107 où nous abordons la question de « l’identité nationale » autrement (voir notre éditorial après la prose de Mgr Bagnard !)
"..Si l’on s’interroge sur l’identité nationale, c’est que l’on ne sait plus ce que l’expression recouvre exactement. La cause en est due d’abord à l’impact de l’Europe sur notre pays ! En devenant membres de l’Union Européenne, les français voient plus ou moins s’effacer le sentiment de leur appartenance à la Nation. De ce fait, la notion de nationalité, sans vraiment disparaître, passe au second plan. On se dit facilement citoyen de l’Europe et même parfois, plus radicalement encore, « citoyen du monde ». Que devient alors le lien qui unit à son propre pays ? L’une des autres causes qui entoure d’un brouillard l’identité nationale, c’est l’arrivée dans note pays d’un grand nombre d’ « étrangers ». Un seul exemple : quand l’équipe de football qui défend les couleurs de la France, se présente avec une majorité de joueurs d’origine africaine dans ses rangs - ce qui n’est en rien critiquable, bien entendu ! - on se pose la question :« Que veut dire exactement l’expression : équipe de France ? Or, c’est au moment où se brouille la conscience de ce que l’on croyait être jusqu’alors, que l’on s’interroge sur la réalité de ce que l’on était vraiment ! Qu’est-ce qui fait que l’on est français ? »
L’EDITO de Golias hebdo n°107 sur l’identité nationale
Il y a déjà quelque temps que la France n’est plus ce qu’on peut appeler la patrie des Droits de l’homme, mais elle connaît aujourd’hui une vraie rupture avec le passé. Moralement condamnables et politiquement inefficaces, les centres de rétention et expulsions par charter entendent élever de nouveaux murs autour de la « Forteresse Europe ». La France en avait d’ailleurs débattu à la rencontre au sommet des 3 et 4 novembre 2008 à Vichy, sur le lieu même d’un régime qui s’est illustré par une politique discriminatoire et criminelle. Une vision qui tire un trait sur plusieurs millénaires d’avancées dont la République représente un échelon.
Dans le cortège de ce sinistre convoi, une vision utilitariste de l’immigration, version relookée de l’esclavage, et le recul du droit d’asile. Pour le plus grand nombre, précarité et exclusion. Le tout accompagné du renforcement des forces de police et du fichage, de la mise au pas de la justice et des médias. Il est question de poursuivre le débat sur l’identité nationale dans les écoles, lieux d’intégration par excellence menacés dans leur survie.
Si le projet sent le sapin, d’autant que l’action collective, avec de nombreux chrétiens engagés, connaît des avancées, les dérives qu’il sous-tend n’en sont pas moins inquiétantes. En voulant nous associer à un débat sur l’identité nationale, le président français abolit la République et les principes qui la fondent. Il ne s’agit pas pour l’instant d’arrêter les syndicalistes, les opposants politiques et autres mal-sentant de la foi. Ni même de procéder à des éliminations physiques. Encore que le massacre d’Algériens du 17 octobre 1961 n’a jamais été officiellement reconnu et que l’affaire Ben Barka vient d’être soigneusement remise au placard.
La collaboration, a-t-on coutume de répéter, est la conséquence de la défaite de 1940. Mais n’était-elle pas déjà en germe dans une fraction de l’appareil d’Etat et des milieux influents qui avaient voulu la mort de la République ? De Munich à Vichy, toute une chaîne de complicités, entre corruption, connivences et trahisons.
Et si l’histoire se répétait sous une autre forme ?
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