Premier cardinal de l’Opus Dei, le péruvien Juan Luis Cipriani fait régulièrement parler de lui. Ses connivences avec l’ex Président Alberto Fujimori mais aussi sa volonté de reconquête et de domination de l’ensemble du Pérou lui valent maintes critiques. Il faut reconnaître à l’archevêque de Lima, ex champion de basket, une grande détermination dans la stratégie de reconquête intransigeante.
Une nouvelle affaire est en train d’éclater. L’école catholique d’études supérieures Santo Tertibio , la plus prestigieuse du pays, fondée en 1847 serait-elle en vente ? En fait, selon le cardinal l’arrêt actuel d’activités de cette école n’est que pour une seule année. Avant reprise. Personne ne souhaiterait la revendre.
Cette version est cependant mise en doute par un certain nombre de gens qui ont d’ailleurs lancé une manifestation contre le cardinal Cipriani. Selon eux, des sources permettent au contraire de penser que le cardinal voudrait vendre ce terrain à une entreprise immobilière.
On notera au demeurant que les manifestants ont été reçus non par le cardinal pour s’expliquer avec lui mais par la police .
Un garçon de 13 ans a même fini à l’hôpital.
Il faut d’ailleurs savoir que l’équipe dirigeante de cette école s’est opposé à cette fermeture. L’archevêché aurait ainsi dérobé à l’école des meubles, des ordinateurs, des téléviseurs, des dvd, etc. Or, pour faire cela le cardinal Cipriani n’a pas demandé ni obtenu l’autorisation nécessaire du Ministère de l’Education .
Il est également souligné que pour faire oublier l’inefficacité de sa gestion, l’archevêché ait eu recours à l’argument somme toute puéril et d’ailleurs choquant selon lequel la faute en incomberait à un groupe d’employés de cette même archevêché qui ont remporté un procès contre leur employeur mettant en difficulté financière ce dernière.
L’accusation de malhonnête financière du prélat ajoute encore à sa réputation peu encourageante. Du moins au Pérou car à Rome au contraire il est de plus en plus question de confier à Cipriani un dicastère peut-être important, comme la congrégation pour le clergé, dans un an ou deux. Né en 1943, Cipriani présente même des atouts pour devenir un jour « papabile » ultraconservateur. Un comble.
Quant au religieux péruvien Hugo Caceres Guinet, de la congrégation des frères chrétiens, ami du marianiste Eduardo Arens auquel le cardinal Cipriani a enlevé la mission canonique il n’hésite pas à exprimer clairement ce qu’il pense : « L’hostilité que suscite chez Mgr Cipriani toute situation qui échappe à son contrôle ou qui met en cause sa compréhension limitée de la réalité péruvienne et ecclésiale (...) Outre ses accès de colère, s’exprimant dans un langage grossier, qui mettent en difficulté l’Église péruvienne et les membres mêmes de l’Opus Dei qui le conduisent à agir de façon arbitraire, arrogante et capricieuse, comme l’atteste un grand nombre de prêtres et de religieux qui se sont vus contraints de laisser l’archidiocèse de Lima, chassés de leurs instituts et de leurs paroisses. Il est superflu de rappeler que la plus grande ambition du cardinal est celle d’assumer le contrôle absolu de l’Université catholique, désir frustré par l’action efficace de notre centre d’études ».
Ce même centre d’études rappelle que Cipriani est également mis en cause pour sa négation des droits de l’homme.
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