On l’aura compris, les nombreuses révélations concernant les affaires de de prêtres pédophiles qui secouent actuellement l’Eglise catholique sont révélatrices du fonctionnement pervers d’un système ainsi qu’on peut l’observer ces jours derniers.
En aval, le système est évidemment déstabilisé dés lors que le secret soigneusement enfoui remonte à la surface. Par un effet curieux de miroir, les dérives affectives et sexuelles des uns déstabilise les autres, lors même qu’ils ne sauraient raisonnablement être accusés des mêmes turpitudes. En fait l’équilibre du système- aujourd’hui de plus en plus fragilisé - repose sur un déni réciproque et secrètement complice où personne n’a intérêt à lever le voile. Fût-il criminel ! Et même après condamnation d’un prêtre pour pédophilie et de son évêque pour l’avoir protégé !
En atteste, par exemple, le document que notre quotidien en ligne www.golias.fr publie ci-après. Il s’agit d’une lettre officielle adressée le 8 septembre 2001 à Mgr Pican, à l’époque évêque de Bayeux-Lisieux, récemment parti à la retraite.
Ce document lui est envoyé par le cardinal( colombien) Castrillon Hoyos, en charge alors au Vatican du dicastère de la Congrégation pour le Clergé (c’est à dire le responsable de l’ensemble des prêtres catholiques à travers le monde, soit environ 410 000).
Le cardinal Castrillon Hoyos est un proche de Josef Ratzinger car en charge aussi de la Commission « Ecclesia Dei », organisme crée pour aider au rapprochement avec les intégristes catholiques.
La lettre du prélat colombien intervient juste après la condamnation de Mgr Pican à trois mois de prison avec sursis pour avoir « protégé » un prêtre pédophile de son diocèse, l’abbé Bissey condamné lui-même à 18 ans de prison.
On lira avec stupéfaction que dans sa missive le cardinal Castrillon Hoyos « félicite » l’évêque français « de n’avoir pas dénoncé un prêtre à l’administration civile ». Et le responsable au Vatican de poursuivre : « Je me réjouis d’avoir un confrère dans l’épiscopat qui, aux yeux de l’histoire et de tous les autres évêques du monde, aura préféré la prison plutôt que de dénoncer son fils-prêtre ».
Plus loin dans son texte, le cardinal Castrillon Hoyos appuiera et fondera la position de Mgr Pican sur un passage de Saint Paul. Il lui écrit en effet : "Nous nous rappelons à votre égard du mot de Saint Paul : « Dans tout le Prétoire et partout ailleurs, mes chaînes ont acquis, dans le Christ, une vraie notoriété, et la plupart des frères, enhardis du fait même de ces chaînes, redoublent d’une belle audace à proclamer sans crainte la Parole (Phil1,13-14) ».
Et, en guise de conclusion, le cardinal du Vatican de signaler à l’évêque français que la « Congrégation » vaticane du Clergé « transmettra copie » de cette missive « à toutes les conférences d’évêques » de l’Eglise catholique « pour encourager les frères de l’épiscopat dans ce domaine si délicat ».
Il est bien évident que toute institution tend à se protéger elle-même, à se couvrir, à éviter le discrédit. Les hommes d’Eglise ne font pas exception à cette triste règle. Mais ce qui choque est le contraste entre la prétention de l’Eglise catholique par ses discours sur la morale et la sexualité à être au dessus du lot commun, du sort commun des hommes et des femmes, et la réalité effective. Non seulement à travers la réalité affective et sexuelle déviante d’une partie, certes minoritaire, de son clergé mais aussi par la manière dont les responsables de l’Eglise catholique gère les dossiers de ses prêtres pédophiles (voir nos éditions précédentes). Il y à là plus qu’un hiatus, un abîme !
En tout cas pas une campagne anti catholique ou anti Benoît XVI comme tendraient à le faire croire nombre de responsables ecclésiastiques aujourd’hui. Un positionnement d’autant plus malsain qu’il n’hésite pas à prendre le temps pascal (la Semaine Sainte) et l’Evangile de Jésus-Christ en otage pour renverser les rôles. La violence déniée, la souffrance éprouvée et le chemin de croix enduré sont du côté des victimes abusées par les prêtres pédophiles et protégés par les responsables institutionnels de l’Eglise catholique. Ils ne sont pas ailleurs. Et toute tentative de renverser les situations dans ce domaine est une nouvelle profanation de ces petits d’hommes qui ont été détruits.
| Fait avec :
| Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |